Prononce mon nom, 2015



RP
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 102 cm




RP
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 102 cm




JL
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 91,5 cm




GS
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 102 cm




HD
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 91,5 cm




LTD
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 102 cm




EN
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 91,5 cm




JGB
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 91,5 cm




LD
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 102 cm




LA
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 102 cm




MC
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 91,5 cm




MS
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 102 cm




GB
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 91,5 cm


MC
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 91,5 cm


RB
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 101,5 cm


YB
impression numérique sous montage acrylique magnétique sans reflet, 76 x 91,5 cm


Prononce mon nom
Ces humains-fleurs, ces êtres hybrides sontnés de l’habile combinaison de portraits de personnes décédées, que l’on trouvesur certaines pierres tombales, et de fleurs entières, leurs pétales et leurpistil prélevés aux bouquets qui les ornent. La fonction commémorative dubouquet de fleurs déposé au cimetière est ici détournée par l’artiste qui s’enapproprie les pétales pour les placer sur des portraits afin certes, d’enpréserver l’anonymat mais également, d’opérer leur métamorphose. Masque, voile,coloration, le pétale ajoute à l’image existante et la modifie, l’entraîne dansl’exubérance, la beauté, la joie, en renouvelant sa vitalité. Il est négation du fait de la mortalité, célébration iconoclaste,pied de nez à la mort, jubilation insolente. Au contraire du memento mori dans l’art chrétien, cesimages ne visent pas à souligner la vanité des vivants en leur rappelant leurmort imminente mais, plutôt à l’inverse, à exalter la puissance régénératricedu vivant.

L’ensemble se présente comme un herbier oùsont collectionné et amalgamé fleurs, hommes et femmes, tous aplatis par lerendu en deux dimensions de la photographie. Les images d’hommes et de femmessont ténues, minces, flottant sous la surface d’un support où on a souhaité lesmaintenir immortelles, les rappeler à la mémoire, mais où elles tendent versl’effacement et la disparition. Elles portent les traces du désir de les rendreplus vives et plus justes, dans leurs retouches apparentes, ces traits redessinés,cette coloration ajoutée, comme on maquille les corps embaumés. Mais qui se souviendra réellement deces visages et pour combien de temps ? Le temps est le premier sacrilègeavant même le geste de l’artiste; craquelures, altérations, poussières, décoloration,saletés en surface, figurent l’oubli inévitable. Elles en sont les tracesmatérielles auxquelles s’ajoutent les interventions de l’artiste.

De ces visages ne subsistent que desfragments; une chevelure, un menton, une joue, qui se présentent comme autantd’invitations à deviner ce qui a été oblitéré. Le masque des pétales est parendroits opaque, à d’autres, transparent. Les pétales laissant percevoir leurpropre minceur et fragilité car eux aussi se dégraderont. Telles des feuillesde papier de soie colorées et arrondies, elles recouvrent et cachent commeelles laissent parfois transparaître l’image en dessous. Lorsque déposées surdes images en noir et blanc, leur couleur se manifeste d’autant plusviolemment. Sur des images en couleur, elles s’harmonisent. Le rouge, le rose,le jaune et le blanc éclatent, triomphent sur ces visages à jamais figés dansle temps, inanimés. Leurs formes se marient à celles des visages, ici, épousantune coiffure, là, recréant un nez ou encore, dessinant sur les yeux, un loup.

Le pétale de fleur posé en surface se tendvers l’avant, vers l’actualité du présent. Le portrait photographique du décédé,lui, apparaît lointain, granuleux, provenant d’une temporalité passée, il tendvers l’arrière. Le pétale de fleur est actuel, vibrant, vivant — quoique sonexistence soit éphémère et sa fanaison imminente — il se situe dans notretemps, celui du regardeur. Il est témoignage du passage de l’artiste et de sesgestes qu’elle a voulu enregistrer. Il est force qui tire le passé versl’avant, le surpasse et le transforme.

Élène Tremblay

                                                                                                                 
Say my name
These human-flowers, hybrid beings, are the results of a skilful combination ofportraits of deceased persons, as found on some tombstones, and flowers, theirpetals and pistils collected from their adorning bouquets. The commemorativefunction of the flowers at the cemetery is diverted by the artist whoappropriates its petals to partially hide the portraits and preserve their anonymity,but also to operate their metamorphosis. Mask, veil, color, the petal adds tothe image, modifies it, bringing exuberance, beauty and joy, while renewing itsvitality. It acts as a denial of mortality, an iconoclastic celebration, a snubto death, an insolent glee. Unlike the mementomori in Christian art, these images are not intended to emphasize thevanity of the living by reminding them of their imminent death, but rather onthe contrary, to extol the regenerative power of the living.

The series can be considered as a herbarium in which are collected andamalgamated flowers, men and women, flattened by the two-dimensional renderingof photography. Images of men and women are tenuous, thin, floating under thesurface of a support in which one has wished to preserve them, to nurture theirmemory, but where they will also fade away. In their apparent alterations, theybear the traces of a desire to make them more vivid and accurate; hand maderetouches, outlined features, added coloring, who remind us of the making-up ofthe embalmed body. But who actually remembers these faces and for how long?Time is the first sacrilegious, before the artist's gestures;cracks, defects, dust, fading, dirt on the surface, are signs of the inevitableoblivion. They are its material traces to which are added the artist'sinterventions.

Only fragments are kept of these faces; hair, chin, cheek, stand as invitationsto guess what was obliterated. The petals show their own thinness, fragility andeventual degradation. Evoking colorful tissue paper, in certain places opaque,and others transparent, they cover and hide as well as they, at times, let theimage be seen. When placed on black and white images, color appears all themore violently. On color images, they harmonize. Red, pink, yellow and whiteburst, triumph over these faces forever frozen in time, inanimate. Their shapescombined with the faces, complete a hairdress, recreate a nose or draw a maskover the eyes.

The flower petal placed over the tombstone photograph’s surface, pulls theviewer forward, in the actuality of the present. The photographic portrait ofthe deceased, appears distant, grainy, emerging from the past, pulling us back.The flower petal is current, vibrant, alive - though its existence is ephemeraland its wilting imminent - it is in our time, that of the viewer. It is atrace, a sign of the artist's gestures and a force that surpasses andtransforms the past.

ÉlèneTremblay
Back to Top